Quel inventaire pour quel patrimoine ?
Si l’idée d’un inventaire du patrimoine national remonte à la Révolution et s’est développée au cours du XIXe siècle, la nouveauté de l’entreprise lancée par André Malraux en 1964 réside à la fois dans son ampleur (tout le patrimoine architectural et mobilier depuis le Haut Moyen-Age jusqu’à nos jours, et non les seuls monuments dits « historiques ») et son caractère systématique (commune par commune, parcelle par parcelle), « de la cathédrale à la petite cuillère » car s’intéressant aux édifices publics comme aux objets les plus quotidiens... L’Inventaire général permet, hors du champ de la contrainte juridique, un diagnostic sur le patrimoine architectural et mobilier par ses études et la documentation qui en découle. Immense, son ambition s’est encore accrue avec l’élargissement du champ patrimonial qui englobe désormais aussi bien le militaire que l’industriel, les œuvres de série et l’urbanisme des grands ensembles. En effet, loin de se cantonner au « beau », la notion de Patrimoine recouvre tout ce qui peut nourrir l’histoire, l’histoire de l’art, des mentalités, des techniques, et plus généralement des manières de vivre. Son champ chronologique s’est également élargi, l’inventaire pouvant ponctuellement prendre en compte des édifices ou des objets des années 1970 (un recul d’au moins 30 ans s’avèrant toutefois nécessaire). La démarche doit cependant éviter deux écueils, celui de ne retenir que les chefs-d’œuvre d’une époque révolue et celui d’accumuler sans répit des données sur tout, au risque de submerger l’utilisateur sous une documentation surabondante. |