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retour accueilConseil régional de Lorraine

Depuis le 5 avril 2005, le Conseil R égional s'est enrichi d'un nouveau service, l'Inventaire général du patrimoine culturel, nouvelle compétence donnée à la collectivité régionale par la loi du 13 août 2004 qui confirme sa mission fondamentale : recenser, étudier et faire connaître le patrimoine culturel régional. Sis à Nancy depuis sa création en 1966, le service régional de l'Inventaire occupe un hôtel particulier de la Vieille Ville, l'hôtel Ferraris (29, rue du Haut-Bourgeois).

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L'hôtel Ferraris est situé en Vieille Ville de Nancy, dans un quartier primitivement hors les murs, inclus à la fin du XIVe siècle dans la nouvelle enceinte urbaine. Si les rues du Haut et du Petit-Bourgeois (appellation héritée de "bourget", terme signifiant faubourg) sont percées au XVIIe siècle, l'urbanisation du quartier ne date que du début du XVIIIe siècle, après le rétablissement de la paix et le retour du duc de Lorraine Léopold en 1697. De profondes mutations Hôtel Ferrarisfoncières se traduisent alors par des regroupements de petites parcelles sur lesquelles vont s'établir des hôtels particuliers. Trois d'entre eux, Fontenoy, Les Loups, et Ferraris, attribués à Germain Boffrand, comptent parmi les plus prestigieux et ont en commun un parti architectural d'hôtel parisien à plusieurs corps de bâtiment.

A l'hôtel Ferraris, l'habileté de l'architecte se manifeste dans son aptitude à utiliser un espace ingrat (un trapèze), en sauvegardant une symétrie de façades sur cour qui masquent des disparités importantes entre les quatre corps couverts de hauts toits d'ardoise. En fait, la cour rectangulaire fait saillie sur la rue du Petit-Bourgeois. Le corps de passage, qui assure la liaison entre les deux ailes, est en encorbellement sur une trompe dont la stéréotomie témoigne d'un savoir-faire indéniable.

Le plafond de l'escalierL’escalier – à l’italienne – se déploie à droite du porche et dessert l’étage noble (1er étage) où de vastes pièces de réception se commandent entre elles prenant jour sur la rue et la cour. La grande originalité de l’escalier de l’hôtel Ferraris, outre le choix d’un volume à l’italienne, est l’exceptionnel décor en trompe l’oeil de la sous-face de la galerie qui assure la liaison entre les pièces de part et d’autre de la cage d’escalier au second étage. La découpe du jour faite de courbe et de contre-courbe d’inspiration toute baroque s’ouvre sur la perspective du plafond peint (au XIXe siècle ?) d’une nuée peuplée d’oiseaux des îles et de têtes de putti.

En raison de son intérêt au point de vue de l’histoire et de l’histoire de l’art,  de son importance au regard du patrimoine nancéen et de la qualité de ses décors intérieurs du XVIIIe siècle remaniés partiellement dans le premier quart du XIXe siècle, l’hôtel Ferraris est classé en totalité au titre des Monuments Historiques par arrêté ministériel du 23 avril 2008.

 
La famille de Ferraris, originaire d'Italie du Nord (Piémont ou Milan) est entrée au service du duc de Lorraine Charles V (1675-1690) ; elle compte parmi ses membres, Louis (né en 1685), chambellan de l'empereur d'Autriche, grand chambellan et conseiller d'Etat de Monogrammel'électeur de Trêves, Charles de Lorraine. Son mariage en 1715 avec Anne-Thérèse de Fontette, alors demoiselle d'honneur de la duchesse de Lorraine, lui confère une puissante assise lorraine. C'est sans doute en 1717 qu'il décide de se faire construire un hôtel à Nancy. Une plaque de cheminée datée 1722 (conservéee au Musée historique lorrain, Nancy) indique vraisemblablement la date d'installation de la famille Ferraris, rue du Haut-Bourgeois. Louis de Ferraris mourut en 1733 et son épouse en 1754, la famille quitta alors l’hôtel qui porte son nom. L’un des fils François (Lunéville, 1726-1814), plus connu sous le nom de Joseph-Jean, fut un important cartographe aux Pays-Bas.
 

Germain Boffrand (1667-1754), architecte d'origine nantaise et élève de Jules Hardouin-Mansart, est introduit à la cour de Lorraine par la duchesse de Lorraine. Nommé premier architecte du duc en 1711, on lui doit des oeuvres majeures : la reconstruction du château de Lunéville, les châteaux d'Haroué et de la Malgrange et, à Nancy, l'hôtel de Craon (place Carrière) ainsi que l'achèvement des travaux de la Primatiale (aujourd'hui la Cathédrale).

Façade de l'hôtel de Craon

 
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